01.04.2026

30 milliards pour la sécurité : Pro Militia réclame la création immédiate d'un fonds d'investissement

La situation en matière de politique de sécurité s'est considérablement aggravée : la Suisse est insuffisamment protégée, notamment dans l'espace aérien et face aux menaces hybrides. Dans le cadre de sa réponse à la consultation sur la Stratégie de sécurité 2026, Pro Militia réclame la création immédiate d’un fonds d’investissement d’au moins 30 milliards de francs afin de combler rapidement les lacunes les plus graves en matière de capacités et de rétablir de manière crédible la capacité de défense.

Communiqué de presse concernant la stratégie de sécurité 2026

Pro Militia prend position sur la «Stratégie de politique de sécurité de la Suisse 2026» et reconnaît son objectif, qui est de créer une base structurée pour la future politique de sécurité. On peut toutefois regretter l'absence de caractère contraignant et, en particulier, l'absence de déclarations concrètes concernant les ressources nécessaires. La situation en matière de menaces s’est encore aggravée depuis la rédaction du rapport. Les formes de guerre hybride, les attaques contre les infrastructures critiques ainsi que l’importance croissante des drones et des systèmes d’armes à longue portée touchent également la Suisse de manière de plus en plus directe. La protection de la population et des infrastructures critiques est aujourd’hui insuffisante – il existe notamment des lacunes majeures dans le domaine de la défense aérienne.

Retrouver la capacité de défense

La capacité de défense de l’armée a été gravement négligée au cours des dernières décennies. Il faut donc désormais clairement mettre l’accent sur son rétablissement. Une dissuasion crédible présuppose une armée entièrement équipée, cohérente et opérationnelle. Cela inclut notamment une défense aérienne solide, des troupes terrestres modernes ainsi que des capacités dans les domaines cybernétique et électromagnétique.

La protection contre les attaques aériennes est particulièrement urgente. Actuellement, la Suisse est pratiquement sans défense face aux drones et insuffisamment protégée contre les attaques aériennes complexes. Ces lacunes mettent non seulement en danger la population et les infrastructures critiques, mais compromettent aussi la capacité opérationnelle de l’ensemble de l’armée.

Milice volontaire : lancer rapidement un projet pilote

Outre les investissements matériels, Pro Militia souligne la nécessité de renforcer le système de milice. Il faut garantir les effectifs et renforcer le service militaire obligatoire. Parallèlement, le savoir-faire des militaires de milice doit être exploité de manière ciblée pour relever de nouveaux défis, notamment dans les domaines de la numérisation, des drones, de la robotique et de la cybersécurité. Pro Militia salue l’intention de recruter et de déployer une milice volontaire pour assurer la protection des infrastructures critiques et pour remplir des fonctions spécialisées. À cette fin, un projet pilote doit être lancé rapidement en collaboration avec les cantons. La milice volontaire doit servir à augmenter les effectifs de l’armée et ne doit pas être considérée comme une compensation pour la baisse des effectifs réglementaires.

Remédier aux principales faiblesses grâce à un fonds d'investissement

La situation est grave : la Suisse se trouve à un tournant en matière de politique de sécurité. Les lacunes existantes sont sérieuses, et le temps des ajustements progressifs est révolu. Pro Militia demande donc la création immédiate d'un fonds d'investissement d'au moins 30 milliards de francs. Ce fonds doit être rapidement disponible – si nécessaire en vertu du droit d’urgence – afin de remédier en priorité aux principales faiblesses, notamment dans le domaine de la défense aérienne. Le financement peut s’étaler sur une période d’environ dix ans, par exemple grâce à une combinaison d’économies, de recettes supplémentaires et de contributions des cantons. Ce qui est déterminant, c’est la capacité d’agir immédiatement. La Suisse ne doit pas devenir une faille de sécurité en Europe.

Ce n’est qu’avec des priorités claires, des moyens suffisants et une détermination politique que la Suisse pourra retrouver sa capacité de défense. Le temps presse : le Conseil fédéral et le Parlement doivent désormais assumer leurs responsabilités et agir.

Association Pro Militia